0 5 minutes 57 secondes

Yaoundé, Cameroun, le 4 juin 2026 – Les travaux de la Conférence annuelle 2026 de la Communauté des Superviseurs Bancaires Africains (CSBA) se sont ouverts à Yaoundé, réunissant les autorités de supervision bancaire du continent, des représentants des banques centrales africaines ainsi que plusieurs partenaires techniques internationaux engagés dans le renforcement de la stabilité financière.

Organisée sous l’égide de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), de la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC) et de la CSBA, cette rencontre constitue un cadre privilégié de réflexion et de concertation sur les principaux défis auxquels font face les systèmes financiers africains dans un environnement mondial marqué par des mutations technologiques rapides, l’émergence de nouveaux risques et une incertitude économique persistante.

Dans son allocution de bienvenue, la Présidente de la CSBA et Secrétaire général adjoint de la COBAC, Patricia Danielle Manon, a souligné l’importance de la coopération entre autorités de supervision bancaire africaines pour faire face aux risques croissants qui pèsent sur la stabilité financière. Elle a rappelé le rôle de la COBAC en tant qu’autorité communautaire unique de supervision bancaire au sein de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), un modèle qui contribue à l’harmonisation des règles prudentielles et au renforcement de l’intégration financière régionale.

La responsable a également mis en avant les efforts déployés par la COBAC pour renforcer ses relations avec les autorités de supervision africaines et internationales à travers la signature d’accords de coopération bilatérale, la participation aux principaux réseaux de superviseurs du continent ainsi que la collaboration avec des institutions de référence telles que la Banque des Règlements Internationaux (BRI), l’Institut de Stabilité Financière (FSI) et le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire.

Ouvrant officiellement la conférence, le Président de l’Association des Banques Centrales Africaines (ABCA), Yvon Sana Bangui, a rappelé que cette rencontre intervient dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, le durcissement des conditions financières, l’accélération de la digitalisation des services financiers et l’apparition de nouveaux risques liés à la cybersécurité, à l’intelligence artificielle et aux cryptoactifs.

Évoquant la situation économique de la CEMAC, il a indiqué que les prévisions pour 2026 font état d’un ralentissement de la croissance économique à 2,9 %, dans un contexte d’inflation maîtrisée à 2,3 %. Malgré cet environnement, le secteur bancaire de la sous-région continue de démontrer une résilience appréciable, avec un total de bilan agrégé dépassant 27 500 milliards de FCFA à fin décembre 2025. Il a toutefois relevé la persistance de défis liés à l’augmentation des créances en souffrance et à l’exposition croissante des établissements bancaires aux risques souverains.

Selon les organisateurs, la conférence vise à renforcer les capacités des superviseurs africains, promouvoir une supervision bancaire davantage fondée sur les risques, encourager la convergence réglementaire vers les standards internationaux et consolider la coopération prudentielle entre les juridictions africaines.

Les échanges porteront notamment sur la proportionnalité dans la réglementation bancaire, l’efficacité des dispositifs de supervision, les stablecoins, l’intelligence artificielle, la fraude numérique ainsi que les enjeux liés à la cybersécurité. Autant de thématiques considérées comme prioritaires pour accompagner l’innovation financière tout en préservant la stabilité du système financier africain.

Pour la COBAC, cette rencontre s’inscrit également dans la mise en œuvre du Plan stratégique « OWALI » 2025-2029, qui ambitionne de renforcer l’approche de supervision fondée sur les risques, d’intégrer les risques technologiques et climatiques dans les dispositifs prudentiels et d’améliorer les mécanismes de prévention et de gestion des crises bancaires.

Les participants ont exprimé leur volonté de voir les travaux déboucher sur des recommandations opérationnelles susceptibles de renforcer la résilience des systèmes bancaires africains, de soutenir l’inclusion financière et d’accompagner durablement le financement des économies du continent.

À travers cette conférence, les superviseurs bancaires africains réaffirment leur engagement à construire un secteur financier plus moderne, plus résilient et davantage intégré, capable de répondre efficacement aux défis émergents tout en soutenant les ambitions de transformation économique de l’Afrique.

Karl NGREBADA/ ACAP

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *