Bangui, 16 mai 2026 (ACAP) – La coordonnatrice de la Plateforme d’Appui aux Réformes du Système Pénitentiaire (PARSP), Chantal Solange Touabéna, a présenté vendredi à Bangui les conclusions d’une mission effectuée par la 5e promotion des Ambassadeurs de Justice au siège de la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye, aux Pays-Bas. La rencontre s’est tenue en présence des représentants des organisations de victimes ainsi que des leaders communautaires des onze arrondissements de Bangui.
Selon Mme Touabéna, cette mission réalisée le 5 mars 2026 visait à permettre aux participants de mieux comprendre le fonctionnement de la CPI. Elle a précisé que cette restitution, organisée en partenariat avec l’ONG Femme-Dignité-Liberté (FEDIL), avait pour objectif d’informer les victimes et les acteurs de la société civile sur les mécanismes de la justice pénale internationale.
Elle a indiqué que de nombreuses incompréhensions persistent au sujet des procédures d’indemnisation des victimes devant la CPI. « Nous avons expliqué dans quelles conditions une indemnisation peut être envisagée », a-t-elle déclaré, soulignant l’importance de sensibiliser les populations affectées par les crises militaro-politiques en République centrafricaine.
Les échanges ont également porté sur les relations entre la République centrafricaine et la CPI dans le cadre de la lutte contre l’impunité des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Bangui avait saisi à deux reprises la juridiction internationale afin de poursuivre les auteurs présumés des crimes commis sur le territoire centrafricain entre 2002 et 2003.
Intervenant au cours de la rencontre, Uziel Won-Nzerinta Gama, assistant de la cheffe de l’information publique de la CPI, a présenté l’état d’avancement de plusieurs dossiers examinés par la Cour, notamment ceux impliquant Mahamat Said Abdel Kani, Alfred Yekatom et Patrice-Edouard Ngaïssona, poursuivis pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Il a rappelé, en langue sango, que toute condamnation devant la CPI repose sur l’existence de preuves suffisantes contre les accusés. À défaut, la Cour peut prononcer un acquittement, comme ce fut le cas dans l’affaire Jean-Pierre Bemba, ce qui exclut alors toute possibilité d’indemnisation pour les victimes.
De son côté, la cheffe de l’information publique de la CPI, Faida Rahmonovic, est intervenue à travers une vidéo projetée lors de la rencontre. Elle y a expliqué les conditions de détention des personnes poursuivies à La Haye ainsi que les différentes étapes de la procédure judiciaire devant la Cour.
Mme Rahmonovic a souligné que les suspects bénéficient de conditions de détention conformes aux normes internationales tant que leur culpabilité n’est pas établie. Elle a ajouté qu’après condamnation, les personnes reconnues coupables purgent leurs peines dans des États ayant signé le Statut de Rome et accepté d’accueillir les condamnés.
Créée le 1er juillet 2002, la Cour pénale internationale a pour mission de lutter contre l’impunité des auteurs des crimes les plus graves touchant la communauté internationale, tout en agissant en complément des juridictions nationales des États membres.
Marcelin Ngonda