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Bangui, 27 septembre 2026 (ACAP)- Le chef de groupe traditionnel du 2e arrondissement de Bangui, Jean Siméon Baptiste Gremboutou, a été officiellement présenté à la population, samedi 26 septembre, au cours d’une cérémonie organisée par le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, en collaboration avec la mairie de Bangui.

Cette cérémonie solennelle, qui a réuni plusieurs chefs traditionnels venus des différents quartiers de la capitale, vise à réhabiliter et à valoriser le rôle de la chefferie traditionnelle dans le renforcement de la cohésion sociale et de la gouvernance locale.

La présentation de Jean Siméon Baptiste Gremboutou s’inscrit dans la continuité d’une tradition familiale dont les origines remontent à son grand-père, Georges Gremboutou, issu d’une lignée de chefferies traditionnelles du groupe Yakoma, originaire du sud-est de la République centrafricaine.

Selon les éléments historiques présentés à cette occasion, Georges Gremboutou avait été mobilisé comme tirailleur le 3 septembre 1903. Il a participé à la Première Guerre mondiale, de 1914 à 1918, sous le drapeau français, avant d’être démobilisé en 1929 avec le grade d’adjudant-chef.

À son retour au pays, il s’est installé dans le quartier Saint-Louis, à proximité de l’actuelle cathédrale Notre-Dame de Bangui, où cohabitaient plusieurs communautés, notamment les Yakoma, les Zandé, les Banda et les Mandja.

À la suite de plusieurs incendies ayant affecté cette zone, les populations autochtones ont été réparties sur différents sites de Bangui, en fonction de leurs appartenances ethniques.

Dans ce contexte, Ouananga fut installé à Gobongo comme chef de terre des Mandja, Malimaka auprès des groupes Banda, tandis que Mamadou Mbaïki regroupait les Bornous au KM5. Les groupes Yakoma, Sango et Bouraka suivirent Georges Gremboutou pour s’installer au bord du fleuve Oubangui.

Désigné à l’unanimité par les populations comme chef de terre, Georges Gremboutou vit cette décision transmise à l’administration coloniale de Bangui, qui saisit à son tour le chef de district à Brazzaville, alors siège de l’Afrique-Équatoriale française (AEF).

Les populations placées sous son autorité s’installèrent au village Bruxelles, qui prit par la suite le nom de quartier Gremboutou. Son ressort territorial s’étendait du village Sandimba, le long de l’Oubangui, jusqu’à Kogbokou, à Bimbo.

Dans l’exercice de ses fonctions, il procéda à la répartition de certains villages environnants entre plusieurs chefs, notamment Koyou Kombele à Ngaragba, Kongouza à Ouango-Sao et Mbombo au poste de Bimbo.

En raison de son âge avancé, Georges Gremboutou délégua ensuite ses pouvoirs à son fils, Gremboutou Félix, qui lui succéda comme chef de terre.

À la suite des réformes administratives intervenues par la suite, Gremboutou Félix devint chef de groupe et de quartier, fonctions qu’il exerça de 1953 à 1986.

Après son décès, son fils Jean Siméon Baptiste Gremboutou prit la relève. Confirmé par une élection populaire conformément aux nouvelles dispositions gouvernementales, il fut également désigné président de l’Association des chefs de groupe de Bangui.

Présenté une nouvelle fois à la population du 2e arrondissement en qualité de chef traditionnel et de chef de terre, Jean Siméon Baptiste Gremboutou a rappelé l’importance de la chefferie dans le fonctionnement de l’administration de proximité.

« Sans les chefs de quartier, l’État ne peut pas régler les conflits fonciers, les conflits familiaux, ni assurer la sécurité de proximité. Il fallait nous remettre la couronne pour plus de sécurité afin de développer notre pays », a-t-il déclaré.

Cette reconnaissance s’inscrit dans le cadre des dispositions constitutionnelles du 30 août 2023, qui reconnaissent la chefferie traditionnelle comme gardienne des us et coutumes et auxiliaire de l’administration.

Il convient de signaler que cette cérémonie marque également le lancement d’une tournée nationale de recensement et de structuration de la chefferie traditionnelle, appelée à s’étendre aux 20 préfectures de la République centrafricaine.

Loïc Mbombo / ACAP

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