Bangui, 20 octobre 2026 (ACAP)- Les experts de la Commission vérité, justice, réparation et réconciliation (CVJRR) ont entamé mardi à Bangui un atelier consacré à la révision des textes encadrant le fonctionnement de cette institution, dans le but de renforcer la justice transitionnelle et de mieux répondre aux attentes des victimes des crises successives en République centrafricaine.
Créée pour contribuer à la recherche de la vérité, à la réparation des préjudices et à la réconciliation nationale après plusieurs décennies de crises, la CVJRR occupe une place importante dans le processus de consolidation de la paix. La révision de son cadre juridique et opérationnel constitue ainsi un enjeu pour les associations de victimes et les organisations de la société civile.
L’objectif principal de cet atelier est de contribuer au renforcement du dispositif juridique et opérationnel de la justice transitionnelle en République centrafricaine.
Les travaux s’articulent autour de deux axes majeurs : la relecture de la loi portant création de la CVJRR, afin de l’adapter aux défis actuels et de consolider ses bases juridiques, ainsi que l’élaboration d’un tableau de bord destiné à assurer le suivi des dossiers dans des délais raisonnables et à améliorer les résultats obtenus.
Interrogée sur les enjeux de cette révision, la directrice de cabinet au ministère de l’Action humanitaire, de la Solidarité et de la Réconciliation nationale, Georgine Ouaby Gondje, a souligné la nécessité de replacer les victimes au centre du dispositif.
« La CVJRR est l’émanation d’une vision politique de l’État. Les personnes au centre de cette commission sont les victimes. C’est pourquoi le gouvernement, à travers le ministère de l’Action humanitaire qui porte ce projet, juge nécessaire de procéder à la relecture de cette loi afin de tout recentrer autour des victimes », a-t-elle expliqué.
Selon elle, la période couverte par le mandat de la Commission devrait également être réexaminée. Elle a évoqué la possibilité de retenir la période allant de 2003 à 2020, au lieu de celle débutant en 1959, afin de mieux cibler les préjudices et d’accélérer le processus de réparation en faveur des victimes.
Georgine Ouaby Gondje a par ailleurs indiqué que cet atelier constitue une étape importante dans le processus de révision, les participants étant appelés à examiner les propositions élaborées par les consultants et les experts, puis à y apporter leurs amendements.
À l’issue des travaux, le document révisé devrait être soumis aux élus de la nation pour examen.
Cet atelier intervient dans un contexte marqué par les attentes des victimes en matière de vérité, de justice et de réparation. La révision du cadre juridique de la CVJRR vise ainsi à améliorer le fonctionnement de la Commission et à renforcer son efficacité dans la mise en œuvre de la justice transitionnelle en République centrafricaine.
Loïc Mbombo / ACAP