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Bangui, 22 octobre 2026 (ACAP)- Les responsables des médias centrafricains prennent part, depuis mercredi 21 octobre 2026, à un forum de deux jours consacré à la déontologie journalistique, à l’usage responsable de l’intelligence artificielle (IA) et à la prévention des discours de haine. Organisée à l’initiative du Haut Conseil de la communication (HCC), la rencontre se tient dans la salle de réunion de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), à Bangui.

La cérémonie d’ouverture a été marquée par les allocutions de la directrice de la Division des droits de l’homme de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA), Mme Hanane Talbi, et de la vice-présidente du HCC, Mme Yapandé Nellie France.

Dans son intervention, Mme Hanane Talbi a remercié le HCC pour l’organisation de ce dialogue et salué le travail quotidien des journalistes, qui permet à la population d’accéder à une information fiable. Elle a souligné que les choix éditoriaux effectués au sein des rédactions, tout comme les décisions de partager des messages en ligne, peuvent avoir des conséquences sur la sécurité et la dignité des personnes.

« En RCA, où les communautés continuent à se relever après des années de conflit, un journaliste responsable contribue directement à la protection des droits de l’homme et à la prévention de la violence », a-t-elle déclaré.

Elle a également rappelé le partenariat entre la Division des droits de l’homme de la MINUSCA et le HCC, engagé depuis 2017, qui a notamment contribué à l’élaboration du Plan national de prévention de l’incitation à la haine et à la violence en 2019, ainsi qu’à son évaluation à mi-parcours en 2023.

Abordant les enjeux liés à l’intelligence artificielle, Mme Talbi a estimé que cet outil devait favoriser la cohésion sociale plutôt que servir de vecteur de désinformation.

« L’IA peut faciliter la recherche et la traduction, mais elle peut aussi produire des informations mensongères, des images fabriquées et des voix manipulées. La responsabilité éditoriale doit demeurer humaine et les contenus générés par l’IA doivent être vérifiés et signalés », a-t-elle insisté.

De son côté, la vice-présidente du HCC, Mme Yapandé Nellie France, a rappelé que la Constitution du 30 août 2023 confie à l’institution une double mission : garantir la liberté de la presse et veiller au respect de l’éthique et de la déontologie.

« Il n’y a pas de liberté sans responsabilité », a-t-elle martelé.

Mme Yapandé a par ailleurs déploré la recrudescence, relevée au cours du dernier mois par le service de monitoring du HCC, de contenus haineux, stigmatisants et incitant à la violence, notamment sur les réseaux sociaux et dans certains débats radiophoniques.

Elle a également pointé des manquements à l’obligation de vérification des informations, l’utilisation de titres incendiaires et des publications ciblant des hautes personnalités, des femmes et des leaders religieux.

« Ce constat, qui risque de ternir l’image des médias, doit nous interpeller tous. Sans votre engagement, le HCC ne saurait à lui seul endiguer ces dérives », a-t-elle lancé à l’endroit des responsables de presse.

La vice-présidente a précisé que le rôle du HCC est avant tout pédagogique, à travers la prévention, la formation et l’accompagnement, avant toute sanction. Elle a toutefois prévenu que l’institution est tenue d’agir lorsque les limites fixées par la loi sont franchies.

« Mais lorsque la ligne rouge de l’incitation à la haine est franchie, le HCC est obligé de prendre ses responsabilités conformément à la législation en vigueur », a-t-elle averti.

Elle a enfin invité les responsables des médias à procéder à une autocritique sans complaisance et à se réapproprier le Code d’éthique et de déontologie du journaliste centrafricain.

« Un journaliste qui active la haine et incite à la violence trahit son serment. Un média qui divise renie sa mission. Soyez les gardiens de la paix et du vivre-ensemble par la plume, le micro et l’image », a conclu Mme Yapandé Nellie France.

Au terme de ces deux jours de travaux, les participants devraient élaborer une feuille de route commune visant à renforcer la lutte contre les discours de haine et à encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les médias centrafricains. Le HCC et ses partenaires entendent ensuite vulgariser cette feuille de route sur l’ensemble du territoire national.

Tchelengou Amé Frédéric / ACAP

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