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Bangui, 27 octobre 2026 (ACAP)- Le président du Collectif des urbanistes de Centrafrique, Guenguebe Mbari Mesmin, plaide pour une réforme foncière visant à améliorer la planification urbaine, à sécuriser les terrains et à limiter les occupations anarchiques dans les villes centrafricaines, notamment à Bangui. Dans une interview accordée à la rédaction de l’Agence centrafricaine de presse (ACAP), il a présenté les missions de son organisation, les difficultés liées à l’urbanisation et les pistes de solutions envisagées.

Le Collectif des urbanistes, un cadre d’expertise nationale

« C’est un grand honneur pour moi de porter la voix du Collectif des urbanistes de Centrafrique », a déclaré d’entrée de jeu Guenguebe Mbari Mesmin.

Selon lui, le Collectif est une organisation professionnelle regroupant des cadres, des techniciens et des experts nationaux formés aux sciences de la ville, à l’aménagement du territoire et à la gestion de l’urbanisme.

Cette structure est née de la volonté de combler le déficit d’expertise technique locale dans la planification urbaine. Elle entend contribuer à la structuration de la profession et mettre son savoir-faire à la disposition des pouvoirs publics.

Sa devise repose sur trois principes : « l’excellence, la justice spatiale et la durabilité ».

Architecte et urbaniste : deux métiers complémentaires

Le président du Collectif relève que la différence entre l’architecte et l’urbaniste demeure souvent mal comprise.

« L’architecte conçoit le bâtiment à l’échelle de la parcelle. Il dessine une maison ou un immeuble et veille notamment à sa solidité et à son esthétique. L’urbaniste, quant à lui, intervient à une échelle plus large, celle du quartier, de la ville, voire du pays », explique-t-il.

L’urbaniste participe ainsi à l’organisation de l’espace urbain, notamment à travers la planification des routes, des zones industrielles, des hôpitaux et des espaces verts, ainsi que la coordination des réseaux d’eau et d’électricité.

« L’architecte conçoit l’objet, tandis que l’urbaniste conçoit l’environnement qui va recevoir cet objet », résume Guenguebe Mbari Mesmin.

Bangui confrontée à une urbanisation peu maîtrisée

Évoquant les difficultés auxquelles la capitale centrafricaine est confrontée, le président du Collectif estime que l’expansion de la ville dépasse les capacités de planification des autorités.

« Bangui souffre d’une croissance spatiale qui devance largement la planification. La ville s’étend de manière horizontale et incontrôlée. La population s’installe d’abord et l’État tente ensuite d’apporter les infrastructures, les routes et les réseaux, ce qui coûte beaucoup plus cher et devient complexe à gérer », souligne-t-il.

Trois défis majeurs ressortent, selon lui, de ce diagnostic.

Le premier concerne l’insuffisance des outils de planification actualisés. Le président du Collectif estime que Bangui et plusieurs villes de province ont besoin de schémas directeurs d’aménagement et d’urbanisme adaptés à leur évolution.

Le deuxième défi porte sur le déficit d’infrastructures de base. L’insuffisance des réseaux de drainage des eaux pluviales contribue aux inondations récurrentes, tandis que l’accès à l’eau potable et à l’électricité demeure limité dans plusieurs zones urbaines.

Le troisième défi concerne le manque de réserves foncières aménagées et viabilisées. L’insuffisance de terrains disposant de voies d’accès et de réseaux facilite, selon lui, le recours aux circuits informels pour l’acquisition de parcelles.

Occupations anarchiques et conflits fonciers

Pour le Collectif des urbanistes de Centrafrique, les occupations anarchiques des terrains constituent avant tout une conséquence de l’insuffisance de l’offre foncière légale et accessible.

« Lorsque le citoyen moyen ne trouve pas de lotissement officiel à un prix abordable, il se tourne vers des intermédiaires informels et s’installe dans des zones inondables, sur les flancs des collines ou sur les emprises publiques », explique Guenguebe Mbari Mesmin.

Cette situation peut entraîner des revendications concurrentes sur une même parcelle, alimenter les conflits fonciers et multiplier les procédures judiciaires, avec des conséquences sur la cohésion sociale.

Le Collectif se propose d’accompagner la réforme

Face à ces difficultés, le Collectif des urbanistes de Centrafrique entend mettre son expertise technique au service des pouvoirs publics pour accompagner les réformes nécessaires à une meilleure gestion de l’espace urbain.

« Le Collectif des urbanistes de Centrafrique se positionne comme le bras technique de cette réforme. Nous pouvons appuyer l’État dans la numérisation du cadastre, la réalisation… »

La suite de cette partie reste à compléter à partir de la fin de l’interview afin de restituer fidèlement les propositions du président du Collectif.

Marius Koingbo/Acap

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