Bangui, 30 septembre 2026 (ACAP)- Le Premier ministre, Félix Moloua, a clôturé mercredi 30 septembre 2026 à Bangui, les travaux de la réunion extraordinaire du Comité de pilotage de la Plateforme d’appui aux solutions dans le cadre des déplacements forcés liés à la crise centrafricaine.
La cérémonie de clôture s’est déroulée dans la salle de conférence de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), en présence des représentants des États signataires de la Déclaration de Yaoundé, notamment la République centrafricaine, la République du Congo, la République démocratique du Congo (RDC), le Cameroun et le Tchad, ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Pendant trois jours, les participants ont examiné les différentes problématiques liées aux déplacements forcés et à la recherche de solutions durables en faveur des réfugiés centrafricains, des personnes déplacées internes et des communautés d’accueil.
À l’issue des travaux, les États signataires ont réaffirmé leur engagement en faveur de la protection des réfugiés, des personnes déplacées internes et des communautés d’accueil, conformément aux instruments régionaux et internationaux en vigueur.
Le Comité de pilotage a également salué les efforts consentis par les États signataires, les collectivités territoriales, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations de la société civile dans la recherche de solutions durables.
Les participants ont notamment relevé les avancées enregistrées à travers l’organisation du Forum des territoires, la tenue régulière des commissions tripartites et les visites dites « Go and See », qui contribuent au renforcement de la confiance entre les différentes parties et à la préparation des conditions favorables au retour volontaire des réfugiés.
Toutefois, plusieurs défis demeurent, notamment l’insécurité dans certaines zones de retour, l’accès aux services sociaux de base, les contraintes socio-économiques et le déficit d’infrastructures nécessaires à une réintégration durable des populations retournées.
Prenant la parole à la clôture des travaux, le Premier ministre Félix Moloua a salué l’engagement collectif des États et des partenaires en faveur de la Plateforme d’appui aux solutions pour la République centrafricaine et des populations affectées par les déplacements forcés.
Il a rappelé que cette réunion s’inscrit dans une dynamique engagée depuis plusieurs années, notamment avec l’adoption de la Déclaration de Yaoundé en avril 2022, considérée comme une étape importante dans la recherche de solutions durables aux déplacements forcés liés à la crise centrafricaine.
Le chef du gouvernement a également relevé que la réunion de Brazzaville, tenue en février 2025, avait permis de consolider l’engagement des États signataires et d’enregistrer des avancées grâce aux efforts conjoints des gouvernements, du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), des partenaires techniques et financiers, des collectivités territoriales et des autres acteurs impliqués dans le processus.
Félix Moloua a encouragé la poursuite des initiatives relatives aux retours volontaires, aux visites « Go and See », aux réunions des commissions tripartites, à l’assistance aux retournés spontanés, aux Forums des territoires ainsi qu’à l’identification des pôles de développement.
Il a toutefois appelé à prendre en compte les défis liés notamment à l’insécurité et à l’accès aux services de santé.
« Rentrer chez soi ne doit jamais signifier retourner au danger. Un retour véritablement durable est celui qui permet aux personnes concernées de vivre dans la sécurité, d’accéder aux services essentiels, de retrouver leurs droits et de contribuer pleinement au développement de leur communauté », a-t-il déclaré.
Pour sa part, la ministre des Affaires sociales et de l’Action humanitaire de la République du Congo, Marie-France Lydie Hélène Pongault, a indiqué que son pays accueille et continue d’accueillir des milliers de réfugiés centrafricains.
Elle a réaffirmé la disponibilité du Congo à accompagner la République centrafricaine dans la préparation des prochaines étapes du processus de rapatriement.
Selon Mme Pongault, les travaux de la réunion devraient permettre d’aboutir à l’élaboration d’une feuille de route commune, claire et opérationnelle, définissant les principales étapes du processus, les responsabilités des différents acteurs, les indicateurs de suivi ainsi que les ressources nécessaires à sa mise en œuvre.
De son côté, la vice-ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation de la RDC, Eugénie Tshiela Kamba, a indiqué que son pays accueillait, au 31 août 2026, 202.003 réfugiés centrafricains et 65.000 demandeurs d’asile, notamment dans le territoire de Bosobolo, dans la province du Nord-Ubangi.
Elle a rappelé que la réunion tripartite RDC-RCA-HCR, tenue à Kinshasa du 9 au 10 juin 2026, avait formulé plusieurs recommandations, dont la reprise des opérations de rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains et l’organisation du retour de ceux ayant déjà exprimé leur volonté de regagner leur pays.
Pour l’ambassadeur du Cameroun en République centrafricaine, Nicolas Nzoyoum, le Cameroun accueille depuis plusieurs années plus de 300.000 réfugiés centrafricains, notamment dans les zones de Yaoundé, Douala et Garoua.
Il a estimé que le Comité de pilotage doit continuer à jouer un rôle important dans l’identification et le traitement des difficultés liées à la mise en œuvre des solutions en faveur des personnes déplacées de force, tout en renforçant les capacités des États et des différents acteurs impliqués.
Le Secrétaire général du ministère de l’Action sociale, de la Solidarité et des Affaires humanitaires du Tchad, Adoum Attor Annour, a, quant à lui, indiqué que son pays accueille plus de 146.000 réfugiés et demandeurs d’asile centrafricains, parmi les personnes déplacées de force présentes sur son territoire.
Il a souligné la nécessité de dépasser progressivement la seule réponse humanitaire pour s’orienter davantage vers des solutions durables en faveur des populations concernées.
Le représentant du HCR, William Chemaly, a pour sa part insisté sur les défis auxquels la plateforme doit répondre afin de renforcer la prise en compte des personnes déplacées de force dans les plans de réponse à la crise centrafricaine.
Il a relevé que plus d’un million de personnes demeurent dans l’attente d’une solution leur permettant notamment d’envisager un retour dans des conditions appropriées.
Les travaux ont également été marqués par l’intervention des membres du groupe « Core », notamment le représentant de l’Union européenne, l’ambassadeur de Suisse et le représentant de la Banque mondiale, qui ont réaffirmé leur engagement à soutenir le processus.
À l’issue des travaux, le Comité de pilotage a formulé quatre principales recommandations portant sur le renforcement de la structure de gouvernance de la Plateforme en République centrafricaine ; la reprise du rapatriement volontaire dans le respect des mesures sanitaires et sécuritaires ; la réintégration durable, l’inclusion socio-économique et le développement local ; ainsi que la mobilisation des ressources et le renforcement des partenariats stratégiques.
Les travaux ont réuni pendant trois jours les représentants des États signataires et des différents partenaires impliqués dans la recherche de solutions durables aux déplacements forcés liés à la crise centrafricaine.
ACAP/Lassy Lord AGOALO