Bangui, 2 juillet 2026 (ACAP) – Le Premier ministre, chef du Gouvernement, Félix Moloua, a participé, jeudi 2 juillet à Bangui, à un atelier de dissémination de la revue des finances publiques de la République centrafricaine, organisé par le Groupe de la Banque mondiale autour du thème : « Renforcer la transparence, la viabilité et l’efficacité du secteur public ». La rencontre s’est déroulée en présence des membres du Gouvernement et de plusieurs partenaires.
Au cours des travaux, les experts du Groupe de la Banque mondiale, Blaise Ehouve Ngeum et Aleksandar Stojanov, ont présenté les principales conclusions de cette revue, consacrée à l’état des finances publiques et aux défis de la gouvernance budgétaire en République centrafricaine.
Présentant le contexte économique du pays, Blaise Ehouve Ngeum a indiqué que la République centrafricaine demeure l’un des pays les moins développés au monde, occupant le 191ᵉ rang sur 193 selon les indicateurs du capital humain et du développement. Il a souligné que la crise sécuritaire déclenchée en décembre 2012 a profondément affecté les finances publiques, entraînant une baisse des recettes intérieures et une dépendance accrue à l’aide publique au développement.
Pour sa part, Aleksandar Stojanov a relevé que les investissements publics restent largement tributaires des financements extérieurs, qui représentent en moyenne 84 % des dépenses d’investissement. Il a précisé que les secteurs de la santé, de l’éducation, du social et de la sécurité ont enregistré d’importantes fluctuations des investissements en fonction des crises et des interventions des partenaires extérieurs.
L’expert a également attiré l’attention sur le poids de la masse salariale dans les finances publiques. Selon lui, celle-ci a représenté entre 72 % et 73 % des recettes intérieures en 2022 et 2023, réduisant considérablement les marges budgétaires consacrées aux investissements prioritaires, notamment dans les infrastructures et les secteurs du développement humain.
À l’issue de l’atelier, plusieurs recommandations ont été formulées, notamment l’amélioration de la gestion des recettes publiques, le renforcement des réformes de l’administration fiscale, ainsi que la stabilisation de l’appui des partenaires aux dépenses d’investissement, afin de renforcer la transparence, la soutenabilité et l’efficacité des finances publiques en République centrafricaine.
Jonas BISSANGUIM/ACAP