Bangui, (ACAP) – Nommé le 9 février 2024 par le Conseil des chefs d’État de la CEMAC et entré en fonction le 1er mars, le gouverneur centrafricain de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), M. Yvon Sana Bangui, boucle sa première année de mandat dans un contexte marqué à la fois par des urgences macroéconomiques et d’importantes réformes institutionnelles.
À son arrivée, la zone CEMAC évoluait dans un environnement économique fragile, caractérisé par un taux d’inflation de 5,5 %, au-delà du seuil communautaire de 3 %, et par un repli de 2,7 % des réserves extérieures en glissement annuel. La situation appelait des mesures rapides de stabilisation.
Face à ces défis, le gouverneur a engagé un chantier de réformes administratives visant à renforcer la transparence et la gouvernance internes. Ces actions se sont traduites par la mise en place de nouvelles procédures de recrutement, plus strictes, ainsi que par la création d’un comité d’éthique chargé du contrôle des pratiques internes.
Sur le plan monétaire, Yvon Sana Bangui a initié une stratégie centrée sur la maîtrise de l’inflation, reposant notamment sur un resserrement des taux d’intérêt et une surveillance accrue de la masse monétaire. Un dialogue permanent a été instauré avec les banques centrales nationales afin de garantir une coordination optimale des politiques au sein de la zone CEMAC.
Concernant les réserves extérieures, la BEAC a lancé un programme d’accroissement des avoirs extérieurs incluant des opérations de swap et des accords de financement avec les partenaires internationaux. Parallèlement, un dispositif de suivi quotidien des flux financiers a été institué pour anticiper les tensions sur le marché des changes.
Le gouverneur a également placé la modernisation des services de la BEAC au cœur de son mandat. Un vaste processus de digitalisation des systèmes d’information a été amorcé et des sessions de renforcement des capacités ont été proposées au personnel dans les domaines de l’analyse macroéconomique et de la gestion de projet.
Afin d’améliorer l’évaluation des performances économiques de la région, de nouveaux mécanismes de suivi des indicateurs macroéconomiques ont été créés. La BEAC a en outre intensifié son dialogue avec les acteurs économiques et multiplié les actions de vulgarisation sur les politiques monétaires en vigueur.
Un an après sa prise de fonction, les premiers signaux apparaissent positifs. L’inflation a commencé à refluer pour atteindre 4,9 % au premier semestre, tandis que les réserves extérieures ont progressé de 0,8 % au deuxième trimestre. En interne, une amélioration notable de la perception de transparence est rapportée à travers un indicateur de confiance en hausse.
« Nous sommes déterminés à faire de la BEAC un pilier de stabilité et de croissance pour toute la région », a déclaré le gouverneur. Les perspectives restent toutefois exigeantes, avec la nécessité de consolider la lutte contre l’inflation, de renforcer la résilience des réserves et de poursuivre la transformation des services financiers de la CEMAC.
Ces avancées seront évaluées lors du prochain bilan semestriel des États membres de la Communauté.
source: Eudes DAMANZI/Oubangui Média