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Bangui, 10 novembre 2025 – (ACAP) – La Société Financière Internationale (SFI), membre du Groupe de la Banque mondiale, a organisé, le lundi 10 novembre 2025 à Bangui, une journée de travail consacrée à la modernisation du système financier et à la promotion de l’inclusion financière à travers les services financiers numériques (SFN). Cette rencontre a également été marquée par la signature de trois accords de collaboration entre la SFI, le Ministère des Finances et du Budget, Orange RCA et Ecobank RCA.

Dans son allocution d’ouverture, le représentant pays de la SFI, M. Ange Kouassi, a souligné que les services financiers numériques constituent aujourd’hui un levier essentiel du développement économique et de l’inclusion financière. Selon lui, ces services permettent aux citoyens d’envoyer et de recevoir de l’argent, d’effectuer des paiements, d’épargner ou encore de financer leurs activités économiques à partir d’un simple téléphone mobile, réduisant ainsi les coûts, les contraintes et les inégalités.

« Dans un pays comme la République centrafricaine, où une large partie de la population n’est pas encore intégrée au système bancaire formel, les services financiers numériques représentent une opportunité unique d’inclusion, de sécurité et d’autonomie économique », a-t-il déclaré.

M. Kouassi a également évoqué des exemples internationaux illustrant le potentiel de cette transformation. Au Kenya, selon le rapport Global Findex 2024 de la Banque mondiale, 90 % des adultes disposent d’un compte bancaire et 87 % utilisent la monnaie mobile, portée par des initiatives comme M-PESA. En Côte d’Ivoire, 58 % des adultes possèdent un compte mobile, tandis qu’au Cameroun, le volume annuel des transactions de mobile money représente près des deux tiers du PIB national, démontrant l’importance croissante de ces services dans les économies africaines.

« Ces échanges nous permettront de mieux comprendre les leviers de transformation nécessaires pour renforcer l’écosystème des services financiers numériques en République centrafricaine », a-t-il conclu.

Prenant la parole au nom du Ministère des Finances et du Budget, le Directeur de cabinet, M. Yambouka Wamata, a réaffirmé l’engagement du gouvernement en faveur de la digitalisation des services financiers. Il a souligné que cette transformation constitue une étape déterminante pour démocratiser l’accès aux ressources financières et renforcer la résilience économique nationale.

« La digitalisation du système financier représente un levier stratégique pour faire évoluer notre secteur vers plus d’efficacité et d’inclusion », a-t-il indiqué.

De son côté, M. Jean-Charles Barbry a rappelé que la République centrafricaine dispose déjà d’un cadre réglementaire régional, d’un intérêt croissant des opérateurs privés et d’une volonté politique affirmée de placer le numérique au cœur du développement. Les priorités, selon lui, consistent désormais à étendre l’accès, bâtir la confiance, renforcer les infrastructures, former les acteurs et stimuler l’innovation locale.

Les travaux de la journée se sont articulés autour de deux panels et de trois présentations thématiques :

  • Le premier panel a dressé un état des lieux des services financiers numériques en RCA, de leur environnement et des défis technologiques, logistiques et de distribution.
  • Le second panel a porté sur les perspectives de développement inclusif, les usages prioritaires, les segments de clientèle ciblés et les stratégies de partenariat à adopter.

L’après-midi a été consacré à trois communications spécialisées :

  1. La construction d’une stratégie digitale nationale pour développer les SFN, inspirée des bonnes pratiques africaines.
  2. La structuration des réseaux d’agents, indispensables au déploiement et à l’animation des services.
  3. Le lien entre inclusion financière et accès à l’énergie, notamment à travers les modèles solaires off-grid, qui favorisent l’accès à l’électricité et permettent des solutions de financement innovantes.

Notons que la Société Financière Internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale, est la principale institution de développement axée sur le secteur privé dans les pays émergents. Présente dans plus d’une centaine de pays, elle mobilise son capital, ses compétences et son influence pour créer des marchés et favoriser les opportunités économiques dans les pays en développement.

Karl NGREBADA

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