JOHANNESBURG, 13 novembre 2025 – (ACAP) – Une conférence consacrée au partenariat Chine-Afrique, organisée dans le cadre du Forum des médias et des think tanks du Sud global, s’est ouverte jeudi à Johannesburg, avec pour objectif d’examiner les voies d’un renforcement de la coopération et d’une participation accrue des pays du Sud aux mécanismes de gouvernance mondiale.
Co-organisé par l’Agence de presse Xinhua, l’Union africaine (UA) et le groupe sud-africain Independent Media, l’événement réunit pendant deux jours plus de 200 représentants issus de médias, de centres de recherche, d’institutions publiques et d’organisations professionnelles de Chine et de 41 pays africains, ainsi que de l’UA.
Placée sous le thème « Réformer la gouvernance mondiale : nouveaux rôles et nouvelles visions pour la coopération sino-africaine », la conférence se concentre sur les contributions possibles des médias et des groupes de réflexion à la promotion d’un système international plus équitable et plus inclusif.
Dans son allocution d’ouverture, le rédacteur en chef de Xinhua, Lyu Yansong, a rappelé l’importance que la Chine attache à la coopération avec l’Afrique. Il a indiqué que le président chinois Xi Jinping avait proposé, lors du Forum sur la coopération sino-africaine de Beijing en septembre 2024, d’élever la relation bilatérale au rang de « communauté d’avenir partagé de tout temps dans la nouvelle ère ». M. Lyu a souligné le rôle central des médias et think tanks dans la diffusion d’informations fiables et l’analyse des grandes évolutions internationales, appelant à renforcer les contributions intellectuelles du Sud global dans les débats sur la paix, le développement et la gouvernance mondiale.
Plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité d’accroître la représentation des pays du Sud dans les instances internationales. La directrice de l’information et de la communication de l’UA, Leslie Richer, a évoqué une transition de l’ordre mondial et affirmé la volonté de l’Afrique de devenir « co-auteure de l’avenir de l’humanité ». Elle a appelé à intensifier la collaboration avec la Chine sur les enjeux du climat, de la finance internationale et de la gouvernance numérique, soutenue par un partenariat renforcé entre les médias et les milieux de recherche.
L’ambassadeur de Chine en Afrique du Sud, Wu Peng, a rappelé les trajectoires historiques communes de la Chine et de l’Afrique, marquées par l’anticolonialisme et le développement, qualifiant les deux parties de « colonne vertébrale du Sud global ». Il a souligné le rôle du forum comme plateforme d’échanges et de consolidation du consensus entre les acteurs du Sud.
Les discussions se sont articulées autour de trois axes : la contribution sino-africaine à la réforme de la gouvernance mondiale, le rôle du partenariat dans la revitalisation du Sud global et les modalités des échanges civilisationnels.
Plusieurs responsables ont mis en avant le caractère structurant des relations sino-africaines, devenues, après près de sept décennies, un modèle de coopération Sud-Sud. Le ministre gambien de l’Information, Ismaila Ceesay, a appelé à une gouvernance mondiale « inclusive et multipolaire », saluant l’appui chinois au développement des capacités et des infrastructures médiatiques en Afrique.
De leur côté, des représentants du secteur économique chinois — dont Xu Xinfu (China Energy Investment Corporation) et Shen Yumou (Département du commerce de la province du Hunan) — ont réaffirmé leur engagement en faveur du transfert technologique, du développement énergétique et de l’ouverture des marchés, notamment pour faciliter l’accès des produits africains au marché chinois.
La conférence prévoit également la publication d’un rapport intitulé « Construire ensemble un nouveau modèle de leadership mondial », ainsi que le lancement du réseau de partenariat de communication du Sud global « Unis dans le cœur, la voie et l’action — Plan d’action 2026 » destiné à renforcer la coopération médiatique sino-africaine.
Karl NGREBADA