Samedi 05 Avril 2026 – (ACAP) – Le Comité de politique monétaire de la Banque des États de l’Afrique centrale a décidé de maintenir ses taux directeurs à l’issue de sa première session ordinaire de l’année, tenue le 2 avril 2026 à Yaoundé. L’institution évoque un contexte international incertain et des perspectives économiques modérées dans la sous-région.
Le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a tenu sa première session ordinaire de l’année le 2 avril 2026 à Yaoundé, en Cameroun. La réunion était présidée par le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, président statutaire de l’instance.
À l’issue de cette rencontre, les membres du Comité ont examiné les perspectives macroéconomiques aux niveaux international et sous-régional avant de décider de maintenir inchangés les principaux taux directeurs de la banque centrale.
Une croissance mondiale stable mais incertaine
Au plan international, la mise à jour de janvier 2026 des perspectives de l’économie mondiale du Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance globale de 3,3 % en 2026, soit un niveau identique à celui attendu en 2025.
Ces perspectives restent toutefois entourées d’incertitudes, notamment en raison des tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient.
Ralentissement de la croissance en Afrique centrale
Dans la sous-région de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), les prévisions macroéconomiques et financières élaborées en février 2026 par les services de la BEAC font état d’un ralentissement de la croissance économique.
Le produit intérieur brut de la zone devrait progresser de 2,9 % en 2026, contre 3,5 % en 2025.
L’inflation devrait toutefois rester sous la norme communautaire, avec un taux moyen annuel estimé à 2,3 % en 2026, après 2,1 % en 2025.
Par ailleurs, les projections indiquent une amélioration du déficit budgétaire, base engagements hors dons, qui passerait de 4,8 % du PIB en 2025 à 2,2 % du PIB en 2026.
En revanche, le déficit du compte courant, dons officiels compris, devrait atteindre 5,2 % du PIB en 2026, contre 2,9 % du PIB en 2025.
Amélioration attendue des réserves de change
Selon les projections de la BEAC, la masse monétaire devrait augmenter de 11,1 % d’ici fin 2026.
Les réserves de change représenteraient 4,52 mois d’importations de biens et services, contre 4,22 mois en 2025. Le taux de couverture extérieure de la monnaie devrait également progresser pour atteindre 68,0 % en 2026, contre 64,9 % un an plus tôt.
Des taux directeurs maintenus
À l’issue de ses analyses, le Comité de politique monétaire a décidé de maintenir inchangés ses principaux instruments de politique monétaire, à savoir :
- le taux d’intérêt des appels d’offres à 4,75 % ;
- le taux de la facilité de prêt marginal à 6,25 % ;
- le taux de la facilité de dépôt à 0,00 %.
Les coefficients des réserves obligatoires restent également fixés à 7,00 % pour les exigibilités à vue et à 4,50 % pour les exigibilités à terme.