Bangui, 10 déc. (ACAP) – Le Président de la République, Faustin Archange Touadéra, a présenté lundi 09 décembre 2025 à Bangui son discours annuel sur l’État de la Nation, conformément aux dispositions de l’article 79 de la Constitution centrafricaine qui exige que le Chef de l’État s’adresse une fois l’an au Parlement.
Le Président Touadéra a souligné que sa présence devant le peuple et les institutions traduit son respect des obligations constitutionnelles.
« Je voudrais rappeler à nos concitoyens que nul n’est au-dessus des lois de la République, et surtout de la loi fondamentale », a-t-il déclaré.
Des avancées majeures dans le secteur de la justice
Dans son discours, le Chef de l’État a rappelé que le pays « revient de loin », mais que malgré les défis, des progrès significatifs ont été accomplis.
Parmi les réalisations majeures figurent :
- Création de 24 nouveaux tribunaux de grande instance
- Ouverture de 4 nouvelles cours d’appel
- Installation de 2 tribunaux administratifs (Bouar et Bambari)
- Mise en place d’un poste de substitut spécialisé dans la lutte contre la traite des personnes et les violences basées sur le genre en période de conflit
- Création de l’UMIR (Unité Mixte d’Intervention Rapide) contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants
- Opérationnalisation de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR), dotée d’un fonds d’indemnisation pour les survivants
Grâce au recrutement et à la formation, les effectifs des corps judiciaires ont été considérablement renforcés :
- Magistrats de l’ordre judiciaire : 216 en 2025 contre 111 en 2016
- Juges administratifs : 39 en 2025 contre 18 en 2016
- Juges de la Cour des comptes : 25 en 2025 contre 17 en 2016
- Greffiers : 200 en 2025
- Avocats : 186 en 2025 contre 100 en 2016
- Huissiers de justice : 11
- Notaires : 11
- Cadres de l’administration pénitentiaire : 400
Le Président a également rappelé la création de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés fondamentales, saluant « l’évolution positive d’une justice de plus en plus efficace, impartiale, crédible et indépendante ».
Il s’est dit satisfait de la reconnaissance du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, qui confirme qu’il n’existe aucun prisonnier politique ou d’opinion en Centrafrique.
Gouvernance : des avancées mais encore des défis
En matière de bonne gouvernance, le Président Touadéra a annoncé que la Haute Autorité chargée de la Bonne Gouvernance est désormais pleinement opérationnelle et publie régulièrement des rapports assortis de recommandations.
Parmi les progrès notables :
- Promulgation de la loi sur la déclaration de patrimoine
- Poursuite de la lutte contre les détournements de fonds publics, la corruption et les déficits non déclarés
Cependant, il a reconnu que ces fléaux demeurent des défis à relever.
Diplomatie : une présence renforcée sur la scène internationale
Sur le plan international, le Président a affirmé que « la RCA s’est imposée » et que sa diplomatie reste résolument au service du peuple centrafricain.
« La Centrafrique doit demeurer maîtresse de son destin et actrice de son avenir », a-t-il insisté.
Il a évoqué plusieurs réalisations diplomatiques importantes :
- Construction des ambassades de la RCA à Bruxelles et à Malabo
- Projet de nouveau bâtiment du ministère des Affaires étrangères en partenariat avec la Chine
- Renforcement de la coopération avec l’Union européenne
- Signature d’une feuille de route bilatérale avec la France pour relancer une coopération pragmatique
- Intensification de la coopération avec la Chine dans les domaines de la santé, de l’énergie et de l’éducation
- Signature d’un mémorandum d’entente avec la Russie portant sur la concertation politique
- Accord sur la délivrance de visas diplomatiques et de service entre la RCA et la Fédération de Russie
Levia Alix Davila Ouadeguende / ACAP