Bangui, 24 Nov. 2025 – (ACAP) – À un mois du quadruple scrutin prévu le 28 décembre, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra confirme briguer un troisième mandat et assure que les institutions sont en mesure d’organiser les élections à la date constitutionnelle.
Le chef de l’État affirme que sa décision de se présenter répond à une « sollicitation » de la population, estimant que ses deux mandats ont permis « un retour progressif de la paix », la signature d’accords avec les quatorze groupes armés et une « reprise de l’autorité de l’État » dans plusieurs régions. Il reconnaît néanmoins que la situation « n’est pas parfaite » mais considère que le pays a « relevé la tête » après des années de crise.
Le Conseil constitutionnel a confirmé six candidatures adverses, dont celles de deux figures politiques majeures, Henri-Marie Dondra et Anicet-Georges Dologuélé. Le président se refuse à commenter ces validations, indiquant « prendre acte » des décisions de la juridiction.
Face aux accusations de ses opposants selon lesquelles l’exécutif aurait tenté d’empêcher leurs candidatures, Faustin-Archange Touadéra rejette toute ingérence et renvoie aux « lois et procédures » en vigueur.
Pour la première fois, le pays tiendra simultanément des élections présidentielle, législatives et locales. Le président qualifie l’échéance d’« importante » et souligne les difficultés financières et techniques rencontrées par les institutions électorales, notamment en matière de fichier électoral et de mobilisation des ressources.
Il insiste toutefois sur le respect impératif de la date du 28 décembre, inscrite dans la Constitution. Tout report, selon lui, « ouvrirait la voie au désordre » et à des propositions de « transition » que le pouvoir juge contraires à la stabilité du pays.
Interrogé sur les récents accords conclus avec plusieurs groupes rebelles, dont le MPC, le président se dit confiant dans leur mise en œuvre. Il affirme que certains mouvements armés « ont compris l’inutilité de la violence » et que le processus de désarmement des groupes UPC et 3R « se déroule normalement ». Il reconnaît toutefois des difficultés liées à la prise en charge des combattants démobilisés.
Sur le plan économique, le chef de l’État défend les « avancées indéniables » enregistrées, tout en admettant que la vie quotidienne reste marquée par des coûts élevés, notamment ceux des carburants — parmi les plus hauts du continent, selon plusieurs organisations internationales.
Touadéra affirme qu’il n’existe « aucun surcoût volontaire » et attribue les prix à la position enclavée du pays et aux coûts de transport. Il rejette toute accusation de surenchère artificielle.
Concernant la guerre civile au Soudan voisin, le président évoque des conséquences directes sur les régions du nord, dépendantes des échanges transfrontaliers. Il indique que l’afflux de réfugiés soudanais exerce une pression supplémentaire sur l’économie locale et affirme que la Centrafrique participe activement aux concertations régionales.
Alors que l’opposition s’interroge sur un éventuel rôle des Émirats arabes unis en Centrafrique dans le cadre du conflit soudanais, le président dénonce des « actes de désinformation » et décrit une coopération bilatérale limitée à des « projets précis ».
Sur la Russie, Faustin-Archange Touadéra confirme l’existence de discussions régulières mais refuse d’en révéler le contenu. Il indique que les échanges portent sur des domaines variés — défense, éducation, économie, santé — sans confirmer de manière explicite les informations concernant un éventuel remplacement du groupe Wagner par une nouvelle structure, Afrika Corps.
Interrogé sur la présence de sociétés liées au groupe Wagner dans les secteurs minier et économique, le président rappelle que ces activités relèvent du cadre légal existant. Il affirme que toute entreprise respectant les conditions prévues par le code minier peut opérer en Centrafrique, sans « passe-droit » ni traitement différencié.
Source : RFI