Bangui, 30 octobre 2025 – (ACAP) – La Cour pénale spéciale (CPS) a ouvert, ce jeudi 30 octobre 2025, les débats du cinquième procès d’assises consacrés à l’affaire dite « Guen », relative aux crimes commis à Gadzi, Guen et Djomo en 2014, qualifiés de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.
La séance, présidée par M. Aimé Pascal Delimo, président de la Section d’assises, a débuté à 11 heures, avec un léger retard dû à la tenue simultanée de la session criminelle de la Cour d’appel de Bangui, mobilisant plusieurs avocats entre les deux juridictions.
Au total, six personnes sont poursuivies dans cette affaire. Parmi elles, cinq sont présentes à la barre, tandis qu’un accusé, Jean Bahara, demeure introuvable et fait l’objet d’un mandat d’arrêt. Quatre des accusés comparaissent en tenue de détention, tandis que M. Dieudonné Gomitoua bénéficie d’une comparution libre.
Parmi les prévenus figurent notamment François Boybanda alias Baléré et Dieudonné Gomitoua, deux personnes âgées dont la présence dans le box des accusés a marqué les esprits par leur âge avancé. La Cour a, à cette occasion, rappelé à chacun de leurs droits fondamentaux, dont le droit à l’assistance d’un avocat et celui de garder le silence.
Les débats ont principalement porté sur la procédure de contumace relative à l’accusé Jean Bahara, en fuite. Son conseil, Me Claude Ngaisset Pessiname, a soulevé une exception de procédure, contestant la régularité de l’ouverture de cette procédure. Selon lui, « les conditions de fond et de forme prévues par les dispositions applicables n’ont pas été respectées », ajoutant que les documents transmis électroniquement par le greffe étaient inexploitables et qu’aucune version papier ne lui avait été remise.
Le Procureur spécial adjoint, M. Alain Ouaby-Bekai, assisté du Substitut du Parquet, M. Alain Tolmo, a rejeté ces arguments, estimant que la défense disposait de tous les éléments nécessaires pour assurer les droits de son client. Me Mapkevo, avocat de la défense, a toutefois exprimé des réserves quant à l’usage de supports numériques pour la transmission des pièces judiciaires, soulignant « un obstacle à la bonne administration de la justice ».
Au terme des échanges, le président Aimé Pascal Delimo a renvoyé l’audience au 6 novembre 2025, pour la poursuite des débats.
Ce cinquième procès d’assises s’inscrit dans la continuité des efforts de la Cour pénale spéciale visant à lutter contre l’impunité et à rendre justice aux victimes des violations graves des droits humains survenues durant les crises qu’a connues la République Centrafricaine.